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Windsleepers- "La Fiançée du Pirate"

"Juillet 2006. Sur le parvis de la salle des fêtes de Secondigny. Une petite discussion à propos des chanteurs/chanteuses. D'aucuns déploraient l'absence de relève dans la jeune génération des improvisateurs/improvisatrices de figures telles que celles de Phil Minton,David Moss,Paul Dutton, Jaap Blonk, Lauren Newton, Greetje Bijma, Sainkho Namtchylak...Et un constat: cette absence est surtout masculine.Il y a davantage de "nouvelles" chanteuses qui commencent à se distinguer sur la scène de l'improvisation vocale.
Christine Clément est une de celles-ci.
Originaire du sud de la France,elle s'est installée depuis quelques années à Strasbourg, travaillant aussi bien la voix dans le cadre des musiques contemporaines que dans le vaste cadre du jazz et de l'improvisation. Ses partenaires sont bien souvent des musiciens de la scène locale (tels que Pascal Gully,batteur au sein de Da-Go-Bert, Zakarya, Drey ou Suboko, Christophe Imbs,pianiste, Francesco Rees du groupe Virage, et bien d'autres...)mais aussi-et c'est souvent le cas pour des musiciens alsaciens-des partenaires de la scène allemande.
WINDSLEEPERS rassemble en effet quatre instrumentistes allemands: Roby Glod (saxes), Stefan Heidtmann (claviers), Peter Schönfeld (contrebasse électrique), Klaus Kugel (batterie) et la Française.
S'il met en valeur la voix de Christine Clément, "La Fiançée du Pirate" se présente d'abord comme un enregistrement d'un jazz à la croisée entre des formes lyriques, presque intimistes voire mélancoliques et les bouillonnements parfois sauvages d'improvisations toutefois contrôlées, une musique aussi bien héritière des traditions rythmiques syncopées que des dissonances contemporaines. La voix épouse souvent, en une parfaite symbiose, les résonances, voire les timbres des instruments; mais elle peut aussi les prendre à rebrousse-poil, se singulariser...Telle Marie/Bernadette Lafont, elle minaude, séduit mais reste libre.
Lorsqu'elle se produit en duo (par exemple avec le saxophoniste Roby Glod), elle se laisse davantage gagner par les explorations sonores souvent proches des effets vocaux d'une Sainkho Namtchylak. Une chanteuse/vocaliste à suivre.

Pierre Durr
Chronique dans la revue trimestrielle "Revue & Corrigée"
(#72, Juin 2007)



Christine Clément Quartet

"Une explosion poétique"


« Des notes claires qui s’effacent sous une rythmique sourde qui envahit peu à peu l’espace. Un peu comme lorsque les mots audacieux d’Emily Dickinson (1830-1886) appellent colère et révolte intérieures, comme un contrepoids obligé. Avec son quartet au Club TJP l’autre soir, Christine Clément a emmené l’audience en voyage au 19ème siècle grâce aux textes de la poétesse américaine dont elle s’est inspirée pour ses compositions.
Du coup, toute la fragilité des mots d’Emily Dickinson s’est retrouvée dans les notes fugaces et perchées vocalisées par Christine Clément. Sa technique vocale, forgée également à l’improvisation, lui permet de s’affranchir des textes, des notes et des mélodies pour prendre le public à témoin d’une émotion, d’un sentiment, d’une révolte.
C’est la magie du jazz qui s’exprime alors qu’imperceptiblement derrière elle, le trio Christophe Imbs au Fender Rhodes, Vincent Posty à la basse et Francesco Rees à la batterie, commence à s’emballer : précision, rythmique rock…Ca monte, ça monte…Le public se laisse emporter. Puis tout explose : la mélodie est déstructurée, le pianiste semble désarticulé, le public est comblé. »


Pierre France, D.N.A, 25 Novembre 2006



Christine Clément Quintet

"Le Quintet caméléon"


« Le caveau du Taps Scala a résonné pendant trois soirées des accords de Christine Clément Quintet, dans la cadre des Mélodies en sous-sol. Voyage musical d'une grande richesse, que l'on referait volontiers à peine sorti de la salle.

Sous ses airs de jeune fille bien sage, Christine Clément cache un tempérament de feu et un talent protéiforme. Dans le caveau du Taps Scala, ce petit bout de femme a donné avec son Quintet une démonstration de son art, au fil d'une dizaine de compositions. « I'm dreaming softly about silence » donne d'entrée de jeu le ton de la soirée : un univers onirique, des chansons hypnotiques. Des compositions qui naissent du silence, se développent lentement, s'épanouissent, avant de s'éteindre.

Soutenue avec attention et complicité par le piano de Christophe Imbs, l'exceptionnel saxophone de Philippe Leclerc, la basse de Vincent Posty et la batterie de Francesco Rees, la chanteuse va du chuchotement au cri, de l'onomatopée à la déclamation, sans jamais monopoliser l'attention. Interludes et solos témoignent de la virtuosité et de la sensibilité de ses musiciens.

L'hommage à Emily Dickinson, écrivain anglais dont les textes ont été mis en musique, prend alors des airs d'exercice de style. Les univers se succèdent au fil des différentes combinaisons d'instrumentation et des variations d'effectifs.
Les morceaux s'enchaînent, ouvrant chacun des images et des perspectives nouvelles du spleen de The sky is low à l'invitation au voyage d'Exil. La voix suit les moindres désirs de l'interprète : diction digne de Björk dans les chansons à texte tels que We never know we go , employée comme un instrument et réduite à des onomatopées comme dans Rouge horizon ou Tac-tic.
Et lorsqu'elle se met à interpréter Somewhere in the Earth, il ne manquerait plus que la robe échancrée et l'épais nuage de fumée pour que le spectateur se retrouve transportée dans le Chicago de la Grande Dépression."


S.T, DNA, 30 Novembre 2004



Windsleepers

"La fiancée du Pirate"

" Quel disque original que ce Windsleepers, et quel plaisir de recevoir, de temps à autre, de telles rondelles de surprises ! La Fiancée du Pirate, nom d’emblée intriguant, est un projet sorti de l’imagination de quatre musiciens allemands issus de différentes scènes jazz, et de la chanteuse française Christine Clément.
(…) Ce premier album regorge de passages ardus, voire de montées en puissance telluriques que n’aurait pas renié John Coltrane au cours de son Ascension insensée
(…) Par ailleurs, Christine Clément ne chante pas : elle vocalise, usant de sa voix comme d’un instrument.
Elle «s’accorde » avec les autres musiciens en début de disque,
« improvise » à foison, pour ne chanter que rarement.
La Française, qui enseigne son art, possède un bagage à la fois jazz et contemporain, et cette double approche se ressent sur ce disque.
(…) splendide ballade « Dance on a Cloud », pur moment de jazz classieux en forme de duo voix-saxophone (tenu par Roby Glod). De même, le morceau « La Fiancée du Pirate », recelant un long passage central calme mais mystérieux, et dominé par la voix de Christine Clément et les claviers voluptueux de Stefan Heidtmann, devrait en séduire plus d’un.
(…) Notons à ce titre la grande qualité générale de l’instrumentation, toute en finesse et en arrangements, qui font de ce Windsleepers un album empli de détails, qui se révèle après maintes écoutes, et ce d’autant plus que les
morceaux sont souvent conçus de lentes progressions (…)
Ily a du Soft Machine et du Canterburry sur ce disque, mais sous une forme plus subtile que les ersatz du genre. Ces influences transparaissent aux détours d’une musique hautement personnelle et non identifiée, et il est plaisant de les retrouver sur certains morceaux, sans attache trop marquée avec notre musique de prédilection. Une preuve supplémentaire que le langage
de l’art se passe bien volontiers d’étiquettes et de chronologie, pour s’exprimer librement. »

Julien Monsenego (Chronique dans Progressia.net)




Windsleepers

"...Enregistré en mai 2005, "La fiancée du Pirate" se joue là encore des genres musicaux en élaborant des trames écrites qui se tissent dans l'improviation. La voix de Christine Clément plane, éthérée, pour se mélanger aux nappes d'orgue, scatte avec vivacité ou tourne en vrilles à la manière d'un fantôme d'opéra, pour mieux se confronter aux déraillements du saxophone et aux chuintements des cymbales (Dance on a Cloud). Les rythmes ici sont joyeusement chamboulés, aériens ou véloces, se déplient avec évanescence ou se froissent abruptement. Climats suspendus qui peu à peu s'ébrouent (Chimères, Blue Mood), ambiances écrasantes (Isetta Go), dilatées (Dance on a Cloud), éclatées et bruitistes (Incertitude Mireille, Xtine's Dream), post-coltraniennes (La fiancée du Pirate), semi-apocalyptiques (Exit N) ou simplement jazz (The wind Sleepers, Winter Walk), les dix pièces du disque s'enchaînent avec une extrême justesse et une grande beauté."


Marc Sarrazy- IMPROJAZZ- France, février 2006.

Christine Clément Quartet


« Osmose parfaite de quatre artistes évoluant comme en apnée dans une atmosphère raréfiée d’une harmonie intemporelle, accord sensible et toujours en mouvement des lignes mélodiques finement ciselées, battement polyphonique d’un chœur à quatre instruments qui se cherchent, s’évitent, se croisent et se rejoignent (...)
La voix de Christine Clément s’évade bien vite du carcan des mots pour s’élancer dans d’exubérantes vocalises. Le scat transcende l’interprète qui escalade avec vélocité tous les degrés d’une tessiture ample, généreuse et virtuose (...)
La voix soupire, se pliant, grave, explore, se révolte, griffe ou esquive, pareille à une flamme inextinguible, chaude et profonde qui prend sa source au feu sacré du jazz. Christine Clément captive, charme, ensorcelle et transporte son public dans un univers où l'émotion se fait musique. »

Lionel Droitecour- D.N.A, 7 mars 2003



« Christine Clément mise sur l’intimisme lyrique et dévoile l’élégante richesse d’un impressionnant répertoire loin de tout maniérisme artificiel. Elle accumule les matériaux les plus variés, les décante puis les assemble en une précieuse substance dont elle tire la quintessence. »

Alexis Fricker- D.N.A, 2 août 2003